Un monde, deux “Internet” ?
9 février 2008 – 12:37A la veille de l’édition 2008 du Mobile World Congress qui se déroulera à Barcelone, l’institut d’études marketing GFK souligne, par son étude publiée cette semaine, des faits intéressants sur les usages de l’Internet Mobile en France.
Une utilisation plus basique
Il y a en France près de 3 Millions de « mobinautes » soit 8.3% des utilisateurs de téléphones mobiles ou Smartphones. Le marché des téléphones mobiles progresse de 11% en 2007 en France alors que la vente de Smartphones s’envole avec +131%. Malgré les évolutions technologiques, les usages restent cependant assez basiques.
La grande majorité des mobinautes ne se connectent pas directement aux sites mais surfent sur les portails des opérateurs. Ils sont, par exemple, 87 % chez Orange à se connecter à Orange World.
“Surfer depuis son mobile commence à devenir plus convivial et ergonomique, mais cela reste néanmoins un phénomène nouveau”
note ainsi GFK dans son rapport. Ce phénomène subit des réticences dues aux premières versions qui restent dans les mémoires des pionniers du wap, un Internet hostile avec peu d’images et désorganisé. Ces faits ont d’ailleurs était repris lors de la grande campagne de publicité d’Apple pour l’Iphone ci-dessus. De plus, pour l’utilisation des services, qu’ils soient proposés sur le portail ou hors portail, l’usager est souvent rejeté à cause de la non-compatibilité de son appareil.
En revanche, le téléchargement légal de contenus (musique, vidéos, sonneries, …) est deux fois plus répandu. Il touche près de 6 millions de français, le premier segment en terme de revenus étant les sonneries,en déclin, suivi par les jeux pour téléphones mobiles qui connaissent eux une croissance de 18%. Ce dernier devrait rapporter près de 6.5 Milliards d’euros en 2012 selon l’Institut de l’audiovisuel et des télécoms en Europe (Idate).
L’Internet Mobile 2.0 ?
Après ces différentes constatations, on distingue aujourd’hui deux Internet, le Web2.0 et l’Internet proposées par les opérateurs de téléphonies mobiles, relié au Web par une passerelle plus ou moins évoluée selon le navigateur et le terminal utilisés. Apple s’est d’ailleurs appuyé sur ce manque d’accès au Web classique lors de sa grande campagne de lancement de l’iPhone.
On peut donc se demander si l’Internet sur mobiles n’est pas à sa première génération ? S’il fusionnera avec le Web2.0 tel que l’on le connait ? Le web communautaire tel qu’on le connaît n’a pas encore les moyens techniques pour s’imposer chez les mobinautes.